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Vers une meilleure reconnaissance de la détresse psychologique

Créé le 11/01/2018 Mis à jour le 25/10/2018

De la mobilisation des associations...

L'UNISDA (Union nationale pour l'insertion sociale du déficient auditif) a publié en 2011 une enquête nationale intitulée

La détresse psychologique des personnes ayant répondu à l'enquête de l'Unisda en 2010

avec l'appui de l'institut de sondage TNS-SOFRES, de l'EHESP (Ecole des hautes études en santé publique) et de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie).

Article en langue des signes française

On y lit dans l'introduction :

"préoccupée par la fréquence qui semblait, aux proches et aux professionnels, particulièrement élevée de personnes sourdes et malentendantes ayant mis fin à leurs jours, ayant tenté de le faire ou ayant évoqué cette hypothèse, l’UNISDA a, en 2008, souhaité lancer une enquête sur le sujet. Cette enquête avait pour objectifs de vérifier la réalité de ce phénomène, d’estimer la proportion de personnes dont l’état de santé psychique pouvait être considéré comme altéré, de mettre en évidence les possibilités et les insuffisances des soutiens dont ces personnes pouvait disposer, de favoriser une réflexion sur les solutions envisageables."

L'enquête met en lumière que les personnes sourdes ou malentendantes connaissent ou ont connu une situation de détresse psychologique de manière plus fréquente que la population générale. Les membres actifs des associations seraient moins sujets à ces difficultés. Ce dernier résultat tendrait à souligner l'importance de ne pas être isolé pour prévenir au mieux la détresse psychologique. 

A la suite de cette enquête, un colloque national portant sur la détresse psychologique a été organisé. Un dossier complet est consultable sur le site de l’UNISDA.

Par ailleurs, une exploitation spécifique des données concernant les personnes devenues sourdes a été conduite par l'association BUCODES-SURDIFRANCE.

... à la mise en oeuvre d'une politique publique

En 2012, l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) et la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) publient Le rapport à la santé des personnes sourdes, malentendantes ou ayant des troubles de l'audition : résultat d'une enquête qualitative. En termes de santé mentale, les constats convergent avec ceux des associations : risque d'isolement, traumatisme de la perte d'audition, déficit d'information quant aux aides existantes. Ce rapport plaide pour une amélioration de l'accessibilité aux soins et pour une meilleure formation des professionnels de santé, du secteur médico-social et de l’Education nationale.

Le Baromètre santé sourds et malentendants 2011/2012, sous l'égide du ministère de la Santé, de l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) et de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie) présente des indicateurs quantitatifs qui montrent que les personnes sourdes, quel que soit leur mode de communication, sont significativement plus exposées à la détresse psychologique et aux pensées suicidaires.

En parallèle, le "Plan 2010-2012 en faveur des personnes sourdes et malentendantes", paru en 2010, propose dans sa fiche 8 un programme pour prévenir et accompagner la détresse psychologique des personnes sourdes et malentendantes. Trois mesures sont en particulier décidées :

  • mieux connaître les particularités de la souffrance psychologique des personnes sourdes et malentendantes
  • faciliter l'accès des personnes sourdes aux ressources compétentes locales en matière de soutien psychologique
  • financer une plate-forme d'écoute pour les personnes souffrant de troubles particuliers de l'audition (acouphènes, hyperacousie)


Une instruction du 12/12/12 du ministère des Affaires sociales et de la santé demande à chaque Agence régionale de santé (ARS) d'effectuer un recensement des ressources locales en matière de soutien psychologique des personnes sourdes et malentendantes.