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Détresse psychologique chez les personnes devenues sourdes ou malentendantes

Créé le 19/12/2017 Mis à jour le 25/10/2018

En 2011, l'Union nationale pour l’insertion du déficient auditif (UNISDA) a réalisé une enquête nationale sur la détresse psychologique des personnes sourdes et malentendantes.

L’association Bucodes SurdiFrance (Union des associations de personnes malentendantes et devenues sourdes) a exploité plus précisément les données de cette enquête qui concernent les personnes devenues sourdes ou malentendantes.

Article en langue des signes française

Quels constats ?

Un échantillon de plus de 2500 personnes a permis de dégager les principaux éléments, résumés ci-dessous :

  • Les personnes devenues sourdes ou malentendantes sont plus fragilisées psychologiquement (détresse, pensées suicidaires, passages à l'acte) quand elles perdent l'audition entre 18 et 49 ans, soit au début et au milieu de la vie professionnelle.
     
  • La perte d'audition est vécue comme la principale cause de traumatisme quand elle survient pendant la vie active.
     
  • Chez les personnes devenues sourdes ou malentendantes, la surdité s'accompagne d'acouphènes dans les trois quarts des cas, et d'hyperacousie dans un cas sur cinq environ. Ces deux troubles de l’audition - acouphènes et hyperacousie - sont des facteurs aggravants de la détresse psychologique.
     
  • Le degré de surdité ne prédit pas l'importance de la souffrance psychique. En effet, 40 % des personnes en situation de détresse psychologique sont porteuses de surdités légère ou moyenne.

Quelles explications ?

Le rapport du Bucodes SurdiFrance souligne d'abord l'image négative de la surdité : les personnes sourdes et malentendantes seraient l'objet de préjugés du fait de leur surdité.

Ensuite, la communication (orale pour la quasi-totalité des personnes devenues sourdes ou malentendantes) est rendue difficile du fait de la surdité et d'un effet souvent limité des appareils auditifs. De ce fait, les personnes peuvent avoir tendance à se replier sur elles-mêmes. Ce repli peut aller jusqu'à l'isolement dont les conséquences sociales et affectives peuvent être sérieuses.

De surcroît, les environnements bruyants sont évités par les personnes sourdes ou malentendantes. Or, parmi ces lieux bruyants, beaucoup sont des espaces de relations sociales, voire de convivialité (cafés, restaurants, etc).

Les loisirs sont également peu accessibles : cinémas, théâtres, musées, etc. et cela contribue à l'isolement des personnes sourdes ou malentendantes.

Enfin, le Bucodes SurdiFrance déplore une méconnaissance par les professionnels et l'entourage du risque de détresse psychologique. Au motif que les personnes peuvent être physiquement bien portantes, la dimension psychologique n'est pas suffisamment explorée et ne fait donc pas l'objet d'une prise en charge adéquate.