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Quelle vie sociale ? Surdité et risque d’isolement

Créé le 11/01/2018 Mis à jour le 13/09/2018

Les difficultés de communication peuvent entraîner un isolement ou un vécu de solitude chez les personnes sourdes et malentendantes. Le risque est celui du renfermement sur soi, de difficultés relationnelles, qui ont des conséquences psychologiques qui peuvent parfois être sérieuses.

La manière de réagir aux différents événements et situations de la vie, et les sentiments de bien-être ou de mal-être sont propres à chacun. Néanmoins, certaines expériences ou événements de vie sont plus durs à vivre et constituent donc des facteurs de risque de souffrance psychologique. Ainsi, les personnes sourdes ou malentendantes sont parfois vulnérables du fait des difficultés de communication qu'elles peuvent rencontrer au quotidien, et des réactions plus ou moins adaptées de leur entourage.

Article en langue des signes française

Pourquoi un lien entre la souffrance psychologique et les différentes situations de surdité ?

Les situations de surdité ou de malentendance sont multiples et les expériences individuelles toutes différentes. Néanmoins, la surdité ou les troubles de l'audition constituent un facteur de vulnérabilité pour la souffrance psychologique. Ci-dessous, quelques illustrations.

Les enfants sourds évoluant dans une famille entendante peuvent être ou se sentir coupés de la communication du fait que des paroles leur échappent. Certains le ressentent comme une mise à l'écart, d'autres peuvent avoir tendance à se replier. A l'adolescence, la prise de conscience d'une spécificité par rapport aux entendants et la compréhension plus mature des conséquences peut s'accompagner de colère, de comportements turbulents ou encore d'angoisse ou de tristesse.

S'exprimer en langue des signes dans une société parfois peu accessible est une difficulté concrète du quotidien qui peut entraîner du découragement, de la frustration, de la colère ou encore de l'abattement.

Les personnes sourdes ou malentendantes qui communiquent en langue française vocale doivent fournir des efforts conséquents pour percevoir et surtout comprendre la parole. A la fatigue qui en découle s'ajoute parfois le fait que l'environnement n'est pas conscient de ces difficultés, ou les minimise.

Les personnes qui perdent l'audition au cours de la vie connaissent une rupture plus ou moins brutale de leur trajectoire de vie. Le travail, les loisirs, les relations sociales, sont à reconstruire autrement. L'acceptation de cette perte est toujours difficile, d'autant que les efforts pour comprendre provoquent de la fatigue, et là encore les risques de découragement, d'isolement, de repli existent. 

Les personnes âgées, déjà plus isolées que les plus jeunes du fait d'une autonomie qui se réduit, sont d'autant plus fragilisées si elles sont touchées par une perte de l'audition (presbyacousie ou autre). 

Les acouphènes accompagnent fréquemment la perte de l'audition. Les personnes qui en souffrent décrivent la fatigue et l'énervement qu'ils procurent. Cela se traduit fréquemment par du stress, parfois par des troubles du sommeil, et très souvent par un vécu de découragement.

Un reportage pour sensibiliser

En 2016, un reportage « Les Sourds plus vulnérables à la dépression » du Magazine de la Santé sur France 5 illustrait les difficultés ordinaires vécues par les personnes sourdes et malentendantes.

Le reportage