Le traitement de la maladie de Ménière

Créé le 13/02/2018 Mis à jour le 13/09/2018

La maladie de Ménière associe vertiges, acouphènes et surdité.

Son origine précise est inconnue et il n'existe pas de traitements aptes à l'éradiquer.

Néanmoins, des solutions existent pour atténuer les crises qui la caractérisent et améliorer la qualité de vie des personnes atteintes.

Article en langue des signes française

La maladie de Ménière est caractérisée par l'association d'une baisse de l'audition (hypoacousie), de vertiges et d'acouphènes. Ces trois symptômes se manifestent lors de crises d'intensité et de durée variable (de quelques minutes à quelques jours). Les crises se répètent dans le temps et les symptômes peuvent se retrouver de manière permanente ou presque.

Les principes du traitement de la maladie de Ménière

A ce jour, il n'existe pas de traitement curatif de la maladie de Manière, c'est à dire de traitement de nature à la faire disparaître ou même d'influer significativement sur son évolution, malheureusement peu prévisible. L'approche thérapeutique repose donc sur des réponses ciblant les différentes manifestations de la maladie, dans l'idée d'en atténuer la portée au quotidien.
 
Le traitement de la maladie de Ménière associe donc un traitement des phases aigues (ou crises), un traitement chronique pour réduire autant que possible l'intensité et la fréquence des crises, un traitement rééducatif ciblant les troubles de l'équilibre, et un traitement audioprothétique visant à améliorer l'audition des patients. A ces traitements peuvent s'adjoindre des méthodes visant à réguler l'anxiété classiquement générée par la maladie (soutien psychologique, groupes de parole, techniques de gestion du stress).

Le traitement des crises

Le principe est d'atténuer les vertiges et symptômes associés par la prescription de médicaments contre le vertige, de médicaments anti-émétiques (contre la nausée), et de médicaments anxiolytiques de la famille des benzodiazépines (qui agissent à la fois sur la sensibilité vestibulaire et sur l'anxiété qui accompagne couramment les crises). Parfois, des médicaments diurétiques peuvent être prescrits : l'élimination par l'urine favorise la diminution de pression liquidienne de l'oreille interne.

Au traitement du vertige peut être associée une prescription de corticoïdes quand la baisse de l'audition est importante.
 
Le traitement des crises est par essence bref, limité à quelques jours pendant et immédiatement après la crise.

Lors des premières crises, une hospitalisation est parfois proposée. Elle permet à la fois de pousser plus loin certains examens et d'observer avec précision les effets des médicaments prescrits.

Des traitements chroniques

L'idée générale d'un tel traitement de fond est de diminuer l'intensité et la fréquence des crises. Néanmoins, vu que le mécanisme exact de la maladie est à ce jour inconnu, le traitement peut être marqué par des tâtonnements autour de différents médicaments : anti-vertigineux, diurétiques, anti-histaminiques, corticoïdes (en cas de baisse brutale de l'audition). Le médecin jugera de la stratégie la plus pertinente en fonction du cas et adaptera ses prescriptions en fonction de l'efficacité plus ou moins marquée qui sera constatée.

Ces traitements chroniques supposent d'être pris au long cours et de ce fait, une attention particulière sera portée aux effets indésirables ou à la nocivité à long terme des médicaments proposés.

La pose d'aérateurs ou drains trans-tympaniques (appelés couramment "diabolos" ou "yoyos") permet dans un certain nombre de cas de réduire l'intensité des crises. On parle alors de traitement pressionnel, puisque le drain trans-tympanique permet une diminution de la pression dans l'oreille moyenne, laquelle aurait des effets sur la pression à l'intérieur de l'oreille interne.

La rééducation des troubles de l'équilibre

La rééducation des troubles de l'équilibre - ou rééducation vestibulaire - est assurée par des masseurs-kinésithérapeutes. L'enjeu est de permettre, par des exercices ciblés suivant une progression contrôlée, une compensation des difficultés d'équilibre et des vertiges au quotidien.

Les prothèses auditives

Quand la baisse de l'audition est significative, le recours à des prothèses auditives s'impose pour réhabiliter autant que possible la fonction auditive. Les réglages effectués par l'audioprothésiste reposent sur une optimisation des fréquences atteintes, généralement les fréquences graves. Il peut être rendu difficile par le caractère fluctuant (au début de la maladie tout au moins) de l'audition au gré des crises.

D'autres traitements en cas d'échec

Environ 20 % des patients ne connaissent pas d'amélioration substantielle avec les traitements évoqués ci-dessus. D'autres solutions peuvent alors être proposées, mais qui sont plus lourdes, plus risquées ou qui peuvent engendrer des complications.
 
- la décompression endolymphatique : il s'agit de drainer le liquide de l'oreille interne par un geste chirurgical sous anesthésie générale.

- des injections répétées sous anesthésie locale d'une molécule toxique pour les cellules de l'oreille (aminoside) pour détruire les cellules du vestibule. Le risque est de détruire également les cellules auditives et donc d'aggraver la surdité.
 
- la labyrinthectomie chirurgicale : il s'agit d'ôter le vestibule du patient, ce qui engendre une surdité totale, et ne peut donc être proposé qu'en cas de surdité déjà très importante.

- la neurotomie vestibulaire : opération qui consiste à sectionner le nerf vestibulaire, ce qui crée là encore une surdité totale et ne peut donc être proposé que si la surdité est déjà très importante.