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L'appareillage précoce chez l'enfant

Créé le 14/03/2018 Mis à jour le 07/02/2019

Votre enfant vient d’être diagnostiqué sourd ou malentendant suite à un test de l’audition.

Vous vous posez des questions concernant l’appareillage auditif : quel(s) appareillage(s) choisir ? quel(s) professionnel(s) rencontrer ? … Surdi Info fait le point.

Article en langue des signes française

La spécificité de l'oreille du tout petit

Sur le plan anatomique, le conduit auditif est étroit, court et pas encore coudé. Son volume est réduit, ce qui va provoquer une pression du son plus élevée par rapport à l’adulte et une fréquence de résonance qui se décale vers les aigus. Le tissu du pavillon de l’oreille et du conduit auditif est également très flexible.

Sur le plan du comportement, les enfants de moins d’un an sont souvent en position allongée, assis sur les genoux ou dans les bras de leurs parents. Ils ne contrôlent pas encore le mouvement de leur tête et ne peuvent donc pas encore orienter leurs oreilles vers la source du bruit.
En grandissant, la mobilité du bébé va augmenter ce qui va faire évoluer sa perception du monde sonore.

Pour ces raisons, la mise en place d’appareils auditifs chez les tous petits n’est pas la même que chez l’adulte : le réglage des appareils auditifs et la réalisation des embouts doivent prendre en considération l’évolution de la croissance de l’enfant. Cela nécessite des mesures et des compétences techniques spécifiques.

Quel appareillage ?

Des prothèses auditives peuvent être proposées dès la première année de l’enfant, sur une ou les deux oreilles.

Les appareils de type contour d’oreille sont les plus recommandés pour l’appareillage du tout jeune enfant.  Ils doivent être solides, équipés d’un blocage des piles pour éviter les risques d’ingestion et d’un témoin lumineux pour visualiser leur bon fonctionnement. Ils doivent disposer d’une haute flexibilité de réglage pour pouvoir corriger des surdités complexes et évolutives et être compatibles avec les systèmes FM (pour l’utilisation d’un micro HF par exemple).

En cas de surdité sévère à profonde, lorsque le port d’appareils auditifs ne permet plus une compréhension du monde sonore satisfaisante, la question d’une implantation cochléaire peut se poser. L’implant cochléaire pédiatrique est un outil de réhabilitation auditive le plus souvent efficace, mais qui nécessite de bien en connaître les indications et les limites. Un choix d’appareillage en contour d’oreille ou d’implant cochléaire pour l’enfant s’inscrit dans un projet à long terme et tient compte de différents éléments : médicaux, familiaux, rééducatifs, choix de langue

Quelles sont les étapes pour appareiller l’enfant ?

Avant de proposer les appareils, la première étape consiste à réaliser différents examens de l’audition

Ces examens sont réalisés par un médecin ORL. Ils sont importants car ils vont déterminer le niveau de perte auditive de l’enfant pour chaque oreille. L’ensemble de ces résultats d’examens est transmis à l’audioprothésiste. L’audioprothésiste est le professionnel qui assure la mise en place et le suivi des appareillages.

Une fois le degré de surdité connu, l’audioprothésiste va pouvoir définir le gain auditif prothétique, c’est-à-dire l’amélioration de la perception auditive apportée par les appareils auditifs. Un bilan appelé bilan perceptif sera également réalisé afin d'observer à quelle étape se situe l'enfant dans sa compréhension du monde sonore : vigilance, détection d'un son, discrimination de rythmes ou de mots… Le réglage des appareils pourra être réalisé en plusieurs fois et sera ajusté en fonction du développement de l’enfant.

De manière générale, le médecin ORL oriente également l'enfant et sa famille vers un(e) orthophoniste. L’orthophoniste est un professionnel du paramédical qui remplit des missions de prévention, dépistage, diagnostic et rééducation des troubles du langage.

L’appareil auditif précoce : un travail d’équipe

La mise en place d’appareils auditifs chez l’enfant doit faire l’objet d’une attention particulière de la part de son entourage : sa famille et toute personne qui interagit avec lui régulièrement (assistante maternelle, personnel de crèche, grands-parents…). Les observations doivent être communiquées à l’équipe en charge de la rééducation précoce, ce qui permettra, en plus des contrôles de suivi, de mieux ajuster les évaluations et les réglages.

La coopération étroite entre les professionnels et l’entourage de l’enfant est primordiale.

Des structures adaptées ?

Il existe des structures spécialisées dans l’accompagnement des enfants malentendants ou sourds en bas âge :
- les CAMSP (Centres d'action médico-sociale précoce) accompagnent les enfants de 0 à 6 ans et leurs familles.
- les SAFEP (Services d'accompagnement familial et d'éducation précoce) sont des services médico-sociaux qui s’adressent aux enfants de 0 à 3 ans et leurs familles.

Des associations nationales de parents d’enfants sourds ou malentendants peuvent vous guider dans vos démarches et vos recherches. Elles pourront également vous communiquer les coordonnées d’une association proche de votre domicile.

Financer des appareils auditifs

Les appareils auditifs ainsi que les piles et les embouts font l’objet d’une prise en charge par l’assurance maladie. Les mutuelles ainsi que la MDPH peuvent également être sollicitées pour une aide financière.
L’audioprothésiste en charge de l’appareillage de votre enfant pourra vous guider dans votre démarche de financement.

En savoir plus ?

Vous entendez un sifflement anormal venant des appareils auditifs de votre enfant (larsen) ? Celui-ci pleure dès la pose de ses appareils ou tente de les retirer ? Parlez-en à l’équipe en charge du suivi de votre enfant, des réglages pourront être effectués et des conseils ou astuces vous seront donnés.